Bokura no Summer Wars Game
Si peu le prédisaient, l'avant-première de Summer Wars à l'UGC ciné-cité des Halles le 23 février 2010 à fait salle comble, un fait assez rare pour un film d'animation en France. Il faut dire que c'est sûrement dû à la présence de Mamoru Hosoda, le réalisateur du film et aussi d'une grosse campagne à coup de buzz de la part de Kaze, l'éditeur en France du film.
Avant d'aller un peu plus loin sur l'évènement il est de rigueur de présenter un peu mieux le contexte. Mamoru Hosoda est surement une personnalité du monde de l'animation qui vous connaissait sans pour autant en connaître le nom. Il était à l'origine un storyboarder et animateur clé chez Toei Animation, le studio qui réalise depuis un bon paquet d'années One Piece au Japon. Après avoir réalisée les deux premiers films Digimon (qui sont pas complétement les même que la version occidentale) et le sixième film One Piece, il décida de couper court son partenariat avec la Toei. Ce n'est que quelque temps plus tard qu'il se rapprocha du studio MadHouse pour réalisé un film qui est maintenant considérable comme un classique de l'animation : La Traversée du Temps (Toki wo Kakeru Shoujo en japonais).
Ce dernier était l'adaptation d'un roman classique japonais en une version un peu revisitée pour en faire un film d'animation qui fut l'unanimité chez les fans d'animation.
Pour ne pas rester sur ce succès, il décide de réaliser un second film avec le studio MadHouse, Summer Wars.
Oz est un réseau social hors norme, il est un peu l'assemblage de twitter, facebook et Second Life en un seul et unique réseau social. La plupart des grandes institutions s'y sont installées et une véritable seconde vie existe pour plus d'un milliard de gens sur le net.
Kenji Koiso a obtenu de sa camarade un petit boulot pour ses vacances : se faire passer pour son petit copain auprès de sa famille, un vieux clan japonais qui a servi dans les armées des Takeda (pas ceux de Rance). Son séjour dans le manoir de la famille se serait bien passé si les autorités ne l'avaient pas accusé d'avoir piraté OZ.
Avant même que le film soit disponible en DVD ou en Blu ray au japon, Kaze a récupéré les droits de diffusion du film en France afin de nous faire parvenir sur grand écran le chef d'œuvre de Mamoru Hosoda. Le film leur a plu et ils veulent le faire savoir en mettant le paquet sur la communication sur cet événement.
Il est vrai que le film est une superbe surprise même si on s'attendait déjà à un travail de qualité quand on connait les travaux du Mamoru. D'ailleurs connaître son parcours cinématographique est plutôt un mal lorsque l'on voit le film parce qu'il a énormément de ressemblance avec l'un de ses premiers films, Digimon Adventures : The Movie 2 : Bokura no War Game (d'où le titre de l'article). Ce film raconte le piratage de l'internet par un digimon inconnu et les digi-sauveurs viennent à la rescousse pour sauver le réseau mondial. Le scénario ressemble sensiblement à ce qui se passe dans OZ pendant le film.
Heureusement pour le public, même si les astuces scénaristiques des deux films sont semblables et que le style graphique est proche, le fait que Summer Wars ne soit pas lié à une licence et que le film soit trois fois plus long que Digimon le rend assez unique pour qu'on s'en réjouisse tout le long même si le suspense est relativement peu maintenu pendant le film si l'on connait le scénario du long-métrage Digimon.
Mis à part ce point sombre, le film est à la hauteur des attentes de nombreux publics : L'animation est tout simplement somptueuse et on cherche bien à la montrer en faisant fourmiller de partout les détails. L'humour est omniprésente grâce à la réalisation qui se permet d'utiliser les détails de l'animation pour rajouter des petits gags simples mais efficaces (mention spéciale à la carpe volante). Les geeks effarouchés ressortiront contents de ce film car il n'y a pas vraiment de grosse erreur au niveau du background en ce qui concerne le coté technique de la chose. Finalement le grand public verra un film qui lui rappellera le facebook ou myspace qu'il côtoie tout les jours avec son portable et son ordinateur. Hosoda nous a pondu ici une œuvre qui convient à tout les publics et ça s'est bien vu avec le succès phénoménal qu'il a eu au japon.
Si l'on omet la ressemblance avec le second opus des films Digimon, on a ici un film absolument fantastique. Il est à noté que c'est l'une des rares fois ou l'utilisation d'images générées par ordinateur se prête si bien à la vidéo et pourtant on a ici un des meilleurs rendus jamais vu dans de l'animation japonaise. On sent un véritable travail pour coordonner la réalisation 2D et 3D un peu comme le scénario qui coordonne internet et réalité. Les dessins sont parfaitement incrustés dans le monde en troisième dimension de OZ et l'on a du mal à différencier ce qui est fait par l'ordinateur et ce qui est dessiné au crayon. D'autant plus que certaines séquences faites à l'ordinateur ont tellement de détails que l'on peut vraiment voir que les animateurs 3D se sont fait chier pour nous pondre ce film.
Finalement, les plus philosophes d'entre nous se verront ravis par les nombreuses thématiques superbement amenées par le film qui ne nous fait pas poser de questions mais plutôt nous rappelle les petits plaisirs de la vie qu'il ne faut pas perdre. Si OZ est un peu une métaphore de l'évolution de l'internet, on voit que trop faire confiance à ce genre de réseau peut nous être fatal mais pourtant c'est pas ce que veux nous faire dire le film. Ce long-métrage cherche à nous rappeler que lorsqu'on rencontre une épreuve aussi insurmontable soit-elle, on peut toujours compter sur quelqu'un pour nous aider, et surtout la famille. Les liens qu'à Kenji avec la famille illustrée dans le film nous prouve aussi qu'une famille ce n'est pas forcément qu'un lien de sang, c'est juste une union face à l'adversité.
Au final ce film, même si il peut être vu comme une upgrade de Bokura no War Game est en fait une ode à la famille et à l'unicité plutôt qu'une mise en garde face aux méfaits des réseaux sociaux.
Après la diffusion du film dans le cinéma, le cher Hosoda a répondu aux questions des fans. Même si on a eu deux fois la même question sous une forme différente, il est a noté deux questions très pertinentes de la part de Tetho et d'un inconnu : « On voit que des Nintendo DS et aucune PSP pendant le film, pourquoi ? » et « Dans La traversée du Temps et dans ce film, on voit qu'une grande importance est attribué aux chiffres, avez vous un fétichisme ? ». Hosoda a joyeusement répondu pour la première question qu'il était ami avec Shigeru Miyamoto, le papa de Mario en ce qui concerne la première question. Pour la seconde il a avoué ne pas savoir et a raconté pleins de choses pour faire passer le temps en cherchant la réponse à la question qu'il n'a finalement pas trouvé.
On ne remerciera jamais assez Monsieur Mamoru Hosoda de s'être déplacé jusque Paris pour nous faire découvrir son incroyable œuvre et aussi d'avoir été d'une gentillesse incroyable face à la horde de fans qui voulaient avoir une dédicace après la séance. Merci aussi à Kaze et à Eurozoom de nous avoir ramené la licence en France et rendez-vous tous le 9 juin dans les salles obscures pour voir ou revoir ce somptueux film. Par contre on ne remerciera pas UGC d'avoir tenté de nous refourguer la copie HK de Hosoda, Momaru Hasado, à plusieurs reprises pendant l'évènement.
PS : Merci à Nyo pour le titre.
Ecrit par le 2010-02-25 00:22:08
Digimon - The Movie
Avant de parler de ce film, parlons un peu de ce que sont les Digimons. A l'instar de Pokémon, Digimon Adventures (première série de la licence) relate les aventures de jeunes enfants qui sont accompagnés de petites créatures aux pouvoirs surnaturelles. La comparaison avec le jeu phare de Nintendo s'arrête ici. Les enfants "dresseur" de Digimons sont appelé les DigiSauveurs. Leur tâche est de sauver le digimonde, le monde des monstres digitaux, de la destruction à l'aide de leurs compagnons.
Histoire de changer un peu de la méthode habituelle de critique, laissons la parole à Monsieur John Ion qui va nous donner son avis:
Ouais... Alors Digimon - The Movie, j'ai grave kiffé ! LOL ! Tout d'abord, le format en trois partie il était vachement cool, ça faisait comme si c'était les trois Pirates des Caraïbes mais en un seul film. LOL ! C'est trop bien que ça se passe avant la première série, puis après et enfin pendant la deuxième saison. Par contre j'ai pas aimé qu'on voit pas Palmon parce que je suis trop fan de lui. Wesh, les plantes c'est trop mon kif ! MDR !
J'ai trouvé ça trop réaliste en plus, les mails qui font ramer le PC et tout ça c'était super bien pensé quoi. J'parie que le scénariste il a les mêmes problèmes que moi quand il va sur le net avec les pubs pour les sites pas pour les enfants qui apparaissent partout et qui font ramer le PC.
Et puis Omnimon, il a trop super la classe ! xD. Quand il sort ses attaques avec des noms qui déchirent sa race, j'étais sur le cul ! Il est trop méga balèze ! Faut que je trouve comment on le débloque sur le jeu PS2 ! LOL !
J'ai rien compris à la troisième partie du film, mais c'était vachement cool surtout avec le digimon avec les sulfateuses au bout du bras ! LOL !
En gros, j'ai trop grave kiffé ce film ! LOL !
Merci John pour cette intervention très constructive sur ce film, on a bien ressenti ce que pouvait ressentir un jeune enfant de 10 ans en ressortant du cinéma.
Parlons maintenant de ce film de manière réellement constructive:
Tout d'abord il est à noté que le film est divisé en trois partie qui n'ont aucun liens scénaristiques. Pour cause, Digimon - The Movie est une compilation des trois premiers films Digimon: Digimon Adventures, Digimon: Bokurano WarGame et Digimon Hurricane Touchdown.
Le problème c'est que les trois mis bout à bout on dépasse les deux heures de film très facilement et pour un film destiné pour un jeune public, c'est impensable. Pour y remédier, les adaptateurs ont décidé de couper des séquences des trois films et de modifier complètement certains dialogues.
On arrive au final à un film qui ressemble plus à la mise bout à bout de trois bons épisodes de Digimon qui n'ont rien à voir entre eux. Quelques références sont ajoutés par ci par là dans les dialogues afin de faire une pseudo liaison scénaristique entre les films mais le résultat est un échec catastrophique.
Le passage du format trois films à un unique est donc ici un gros échec.
Si seulement, c'était le seul point à critiquer sur l'adaptation. Les traducteurs n'ont pas fait un travail sensationnel. Si en version originale on parle d'une surcharge du réseau à cause des mails qui fait lagguer les digimons; dans la version occidentale, on préfèrera dire que les mails font ramer le "cpu"(dit tel quel dans la version française) de l'ordinateur. Autant dire que le film perd tout de suite en crédibilité. Et le pire de l'histoire c'est que le plan pour battre le méchant perd tout son sens à cause de l'explication donnée par la version française.
Enfin, on remarque aussi l'horrible travail des traducteurs sur des passages qui deviennent complètement illogiques: "Veux-tu boire un verre ?" en version originale devient "Personne ne boit de ma limonade aux oignions" en version française.
La mére de Tai (un des héros) devient une grande psychopathe qui tente tout types de recettes de cuisine complètement farfelues pour s'amuser.
Il suffit de quelques secondes de la version originale pour se rendre compte de la qualité de l'adaptation.
Le passage à l'occident à aussi vu un changement de bande originale. Si certains passages de la version originale sont accompagnés d'une musiques orchestrale magnifique, la version française les remplacera par des petites chansons pop rock issues de la série. L'effet se ressent tout de suite sur certaines scènes qui passent de héroïques et classes à ringardes.
Et histoire de bousiller encore plus l'ambiance d'origine, tout les digimons se doivent de crier des noms d'attaques à chacun de leur mouvement. Ainsi Omnimon, qui est sensé incarner la classe, devient pitoyables avec des noms d'attaques surement imaginé en prenant deux mots au hasard.
Le seul point "positif" qu'on peut considérer dans cette adaptation c'est l'ajout de petits dialogues humoristiques qui feront sourire.
Bref pour résumé un peu ce qui ressort du film, un scénario très rapide et parfois complètement incompréhensible ou illogique. Des dialogues modifiés de A à Z perdant ainsi tout du sens original.
On tient ici un concurrent sérieux pour le palmarès pour la pire adaptation d'anime. Si vous voulez voir ces films, procurez-vous les versions originales, il y a plus à voir et c'est compréhensible. C'est bien dommage de voir une si belle animation gâchée par une adaptation horrible









