Amazing Grace, I sing your song ...
La saison d'hiver 2010 est un plutôt bon cru en comparaison des saisons précédentes. Entre les différentes productions qui touchent un peu à tout les genres, la plupart des otaku trouveront de quoi s'occuper cette saison (à part peut être pour les fans de mechas mais depuis le temps qu'ils sont laissés de coté, ils ont dû se faire une raison). On pourra citer assez facilement quelques bons titres comme Durarara!!, Baka to Test to Shoukanjuu ou encore SO-RA-NO-WO-TO (renommé pour notre plus grand bien en français La Mélodie du Ciel). Intéressons nous un peu à ce dernier.
Kanata Sorami est un jeune fille qui rêve depuis qu'elle est toute petite de pouvoir jouer du clairon. Les cours de musique étant trop cher, elle décide de s'engager dans l'armée afin de bénéficier d'une instruction gratuite à l'art de la mélodie. Elle est alors assignée à une petite brigade assez particulière dans le pays de Seize. La spécificité de ce corps militaire est qu'il n'est composé que de 5 filles (Kanata comprise) et qu'elles semblent laissées comme abandonnées.
Si beaucoup de mauvaises langues annonçaient cette anime comme étant la suite de K-ON! pendant la seconde guerre mondiale, c'est parce qu'on pouvait retrouver de nombreux points communs entre les deux productions en se basant sur les visuels de présentation et le synopsis : Des filles musiciennes et des character-designs très proches.
Le premier épisode de la série aura pourtant bien montré au public que les liaisons avec la production de Kyoto Animation s'arrêtent là. En effet plutôt que de se cantonner à une série qui n'a qu'un simple scénario qui permet de mettre en place de nombreux gags, on a ici une véritable recherche sur l'univers et le scénario.
L'univers est un véritable patchwork de nombreuses cultures européennes qui ressort au final comme complètement nouvelle mais sans nous faire perdre nos repères. On observera une architecture très hispanique avec les maisons empilées les unes sur les autres aux vis-à-vis très proche au milieu d'un paysage montagneux pouvant rappeler la Suisse et pourtant le français semble être la langue de vigueur dans le pays.
Le français est d'ailleurs très bien représenté dans l'anime avec une très belle chanson dans la langue de Molière interprétée par un canadien pendant le premier épisode. Malheureusement, les textes ont une qualité très variables avec parfois des textes dans un français impeccable et sur le plan suivant une typo assez énorme en gros plan. Ce qu'on peut surtout reprocher sur les textes c'est la tendance à mettre des idéogrammes japonais par endroit sans aucune raison apparente.
Pour en finir avec l'univers de la série, si tout pense à croire que l'histoire se passe dans un monde alternatif pendant la seconde guerre mondiale, très vite les épisodes tendent vers une autre explication qui reste un mystère aux yeux des spectateurs. Dans les différents dialogues et décors de la série sont disséminés des indices sur le background qui éveillera la curiosité du public et qui lèvera un bon nombre de nouvelles questions sur l'univers. Espérons qu'il sera riche et aussi fournit qu'il le prétend avec ces indices.
L'animé ayant comme thème la musique, il lui est de rigueur d'avoir une bande son de qualité. La condition est très bien remplie avec un sublime opening de Kalafina, le groupe qui fut formé par Yuki Kajiura pour faire la bande son des Kara no Kyoukai – Garden of Sinners. Leur chanson, Hikari no Senritsu, nous berce sur une mélodie mélancolique et entrainant collant parfaitement avec l'univers.
De son coté, l'ending se veut plus standard avec une musique pop qui se veut en adéquation avec le coté de tranche de vie de la série.
Enfin, l'anime a choisi d'utiliser la musique gospel « Amazing Grace » que les otakus connaissent déjà pour son utilisation dans le 4ème opening de Eureka Seven. Une superbe version instrumentale est fournie au cours des épisodes qui ravira tout fan du genre.
Sur la réalisation technique, on se retrouve avec de sublimes décors fourmillants de détails. Des correspondances des décors avec des lieux existants ont d'ailleurs déjà été trouvées. On ne se plaindra pas non plus de l'animation qui est de très bonne qualité. Les cheveux ballants des personnages volent au vent de manière réaliste, les vêtements sont pleins de plis se formant avec les mouvements des personnages : on sent bien ici que l'animation n'est pas refilé à toute une tribu de coréens exploités.
En conclusion, même si beaucoup d'entre nous s'attendaient à voir un nouveau K-ON!, La Mélodie du Ciel nous offre un vent de fraicheur dans une industrie de l'animation qui commence à sur-utiliser les concepts qui ont marché. Même si l'on retrouve une petite dose de moé, on se rend très vite compte que ce n'est pas du tout l'objectif de la série. Comme quoi, on peut avoir des productions très intéressantes en terme d'univers et de scénario avec un peu de moé.



